Journal des Infirmiers

les salles opération et eclairage

HISTOIRE D’HÔPITAL : les salles d’opération et l’éclairage

Les pratiques opératoires, un changement soudain mais bienvenue

1880 : Les médecins et chirurgiens peuvent enfin pratiquer de larges incisions pour opérer dans les cavités viscérales importantes de l’abdomen ou du thorax. En résulte une augmentation des opérations visant des organes inaccessibles jusque-là.
L’antisepsie s’impose alors rapidement au quotidien des hospitaliers grâce aux propriétés désinfectantes de l’acide phénique.
La désinfection devient ainsi la règle, les instruments sont préalablement trempés dans le phénol et les plaies nettoyées avec des compresses.
La propagation des microbes est ensuite endiguée par l’utilisation de l’asepsie car moins apte à détruire les tissus fragiles.
Une modification des pratiques chirurgicales et hospitalières vieilles de plusieurs décennies est alors enclenchée.
“Une réécriture des méthodes d’opération et plus spécifiquement les salles d’opérations.”
Habituellement, les opérations se passaient dans un amphithéâtre, lieu d’échange entre des spécialistes et des étudiants. Les étudiants assistaient aux opérations pratiquées sur le malade en étant installés sur des gradins devant le praticien qui expliquait les méthodes de son opération.
Cependant, un tel rassemblement amenait régulièrement de nombreuses problématiques sanitaires.


Le milieu stérile devint la règle


Les étudiants ne pouvant plus assister aux opérations, les amphithéâtres furent remplacés par des salles uniquement destinées aux opérations, le matériel comme les blouses devaient être désinfectées et les locaux devaient être d’une propreté irréprochable.
Quelques chirurgiens avaient déjà adopté cette méthode en 1860 comme Jules Péan qui pratiquait avec des gants, des pinces en métal en opérant des bras tendus pour ne pas se salir.

La salle continua d’évoluer et devint une salle d’opération avec l’apparition et la démocratisation d’appareillages comme la table d’opération ou les outils de chirurgien. Le carrelage devint roi, le bois fut banni pour l’acier inoxydable, le marbre s’installa et les déchets des opérations furent incinérer.
La course aux microbes devint un combat de chaque jour.
Cependant l’éclairage dans les hôpitaux et plus particulièrement dans les salles d’opération était un problème récurrent qui entravait le déroulement des interventions.
Les ombres, la focalisation et la chaleur gênaient les chirurgiens.


Les blocs opératoires adaptés aux nouvelles pratiques


Les premiers blocs opératoires mesurant 10m2 étaient éclairé par de larges fenêtres garnies de verre dépoli versant un jour considérable, augmenté par un vitrail.
La structure de l’espace opératoire changea pour prendre le nom de “salle d’opération”
C’est au cours XIXème siècles que plusieurs éclairages furent testés.
En commençant par les lampes à pétrole puis au gaz pendent au plafond.
Ce type d’éclairage n’était pas auto-suffisant il fallait donc opérer de jour, les opérations dépendaient complètement des conditions météorologiques devenant tantôt une pièce gelée et tantôt un véritable four.
Il est important de noter que la lumière du jour avant comme inconvénient de projeter sur le malade l’ombre du praticien, entraînant des complications alliées à la profondeur des plaies.


Une révolution dans la lumière


On chercha rapidement à compléter la lumière naturelle par la lumière artificielle néanmoins elle avait comme effet néfaste de chauffer la salle d’opération avec des températures peu supportables.
L’arrivée de projecteurs à miroir sphérique du type “phare d’automobile” a permis de diminuer la température et surtout de permettre une flexibilité des opérations.
Mais malgré un éclairage de plus en plus puissant le même problème de l’ombre persistait.
En effet ce n’est qu’au XXème siècle que le professeur Louis Verain créa la lampe scialytique
Cette invention améliora considérablement les pratique des médecins, elle fut accueillie comme une révolution dans le domaine chirurgical au point que cette marque déposée fait maintenant partie du vocabulaire de l’hôpital en désignant “globalement” tous les éclairages de la zone opératoire

Les salles peuvent maintenant être construite n’importe où dans l’hôpital, au dernier étage comme aux sous-sols. Les horaires des opérations ne sont plus limités, la température de salle reste stable et contrôlable.
L’éclairage de la salle d’opération apparaît ainsi comme l’un des vecteurs qui a favorisé l’émergence de nouvelles pratiques chirurgicales.
L’apparition du scialytique s’inscrit dans un vaste processus qui intègre des choix organisationnels, politiques et techniques des services de santé publique.
En particulier à l’évolution des savoir-faire en modifiant les méthodes expérimentales déjà en place de longue date et donc d’amplifier la transformation vers la chirurgie moderne.

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