EXCLUSIF – Frédéric Bizard  est économiste,  spécialiste des questions de protection sociale et de santé. Il est professeur d’économie,  affilié à l’ESCP, et enseigne aussi à Sciences Po Paris. Il est un expert reconnu du secteur de la santé à l’international. Il conseille plusieurs institutions publiques et privées, telles que le Sénat français et des Etats de pays émergents. Il se livre au Journal des Infirmiers concernant le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2021 et de la dette Covid. 

La dernière mouture votée pour 2021 n’avait pas pris en compte tous les coûts générés par la troisième vague : les tests, les vaccins et les activités journalières, etc, explique l’économiste émérite Frédéric Bizard. En 2021, La France atteindra une dette de 234 milliards d’euros, soit 10 milliard de ce qui était prévu il y a seulement 6 mois, s’indigne ce dernier. 

“La dette Covid devrait être isolé de nos comptes sociaux”

“Nous remboursons cette dette par les cotisations et les impôts. Les remboursements seront réalisés par la génération actuelle et la prochaine génération”, explique t-il. (…) “C’est une dette publique globale qui englobe des coûts conjoncturels liés à la crise. Je pense que cette dette doit être isolée de nos comptes sociaux”. 

La France est capable de se reconstruire rapidement

Le problème de la France n’est pas qu’elle soit très généreuse, car c’est le cœur de son modèle social et de solidarité, en revanche cette solidarité doit se faire à condition que la France soit extrêmement performante en amont du risque, estime l’économiste. Quand on regarde une photographie de l’état de la France : on observe une dette publique désastreuse. Pourtant, Frédéric Bizard souligne  l’importante capacité de rebond de la France, qui rassure. “Tous les espoirs sont à nous, mais il faut passer à une phase de construction. Notre pays est à genoux mais il est capable de se reconstruire rapidement. 

Reconstruire certains ponts de la société

La France a paupérisé les recherches médicales, elle n’a pas assez investi dans la santé publique ni dans la prévention de manière générale. “On risque de subir un déclassement en France, mais si on arrive à reconstruire certains ponts de la société, et à redonner confiance, on peut considérer que dans 3 à 5 ans, on peut revenir dans le premier cercle des pays prospères. C’est tout l’enjeu des prochaines élections.” 

Raphaël DELAPRÉE

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