La journée internationale de visibilité transgenre, le 31 mars, est une occasion unique de célébrer les personnes transgenres avec leurs différences, et tenter de faire évoluer les mentalités. Cette journée phare a également pour but de lutter contre les discriminations que ces personnes subissent. C’est seulement en 2009 que la France devient le premier pays au monde à ne plus classer la transexualité comme étant une maladie mentale. 

Combat et résilience au quotidien

Que ce soit la précarité des personnes transgenres, les blocages administratifs, les préjugés, le harcèlement, être une personne transgenre en France, et à l’étranger,  relève du combat et de la résilience au quotidien. C’est donc seulement le 17 mai 2009, à la veille de la première journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, que la France annonce officiellement que la transsexualité ne sera plus classée comme une maladie mentale. Ce fut un signe encourageant pour ces citoyens à part entière qui revendiquent leurs droits depuis belle-lurette.

Anxiété sociale et isolement

Cette journée spéciale a aussi pour vocation de contribuer à une meilleure déconstruction des stéréotypes de genre, en expliquant et en éduquant en amont. Amnesty France affirme que “Partout dans le monde, les personnes transexuels font l’objet de persécutions. Or, les droits des personnes transexuels sont des droits humains fondamentaux ».  

“Ocean” est le premier artiste français à se revendiquer transexuel. Il affirme avec courage qu’ils sont à la merci des policiers et des hôpitaux. “C’est comme si nos corps étaient à la disposition des gens. Cela engendre beaucoup d’anxiété sociale et de l’isolement”, s’insurge t-il. Des chiffres désolants en 2019 relèvent également des violences incontestables à leur encontre : 599 agressions transphobes ont été signalées. 

Terme apparu dans les années 1950

Le transsexualisme est apparu dans les années 1950 dans un contexte médical. Au départ, c’était une catégorie d’ordre clinique, et avec le développement des mobilisations des personnes transexuelles, de nouveaux termes sont apparus dans les années 1990 et 2000 pour démédicaliser ces derniers, et tenter de supprimer toute stigmatisation qui peut être associée à ces catégories médicales. De nouveaux termes ont permis aux personnes transexuelles de se réapproprier leur parcours de vie, bien que la précarité des personnes transgenre est une triste réalité. 

Précarité et stigmatisation

Le sociologue Emmanuel Beaubatie estime que cette précarité est avant tout liée à un dispositif institutionnel qui produit celle-ci. Le dispositif de changement de sexe impose de fournir des preuves que les personnes les plus précaires ne peuvent pas avoir, explique-t-il. De plus, le parcours des femmes-hommes et les conditions de vie aujourd’hui sont très différents. Par exemple, un homme qui commence à se féminiser se retrouve immédiatement stigmatisé et susceptible de subir des violences, contrairement à des femmes qui deviennent des hommes, qui elles, vont plutôt être taxées de « garçons manqués”. Cette journée internationale de visibilité transgenre permettra peut-etre une évolution des mentalités. 

Raphaël DELAPRÉE

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