Nathalie Anéas est infirmière libérale depuis une vingtaine d’années, après avoir travaillé en maison de retraite et en bloc opératoire. Optimiste de nature, cette infirmière s’est livrée au Journal des infirmiers pour évoquer l’état de son métier.

Contrairement à ce que l’on peut entendre dire ici et là, Nathalie Anéas, infirmière libérale passionnée par son métier au service d’autrui, serait agacée d’entendre que tout va si mal, puisqu’elle ne considère pas que l’état du métier d’infirmier s’est particulièrement dégradé au fil des années. “C’est toujours un peu pareil”, les conditions de travail ne se sont pas forcément détériorées, affirme-t-elle, bien qu’il y ait des manquements incontestables. 

Un travail de longue haleine

Toutefois, elle est d’avis que les soignants ne sont pas suffisamment valorisés financièrement parlant. “C’est la croix et la bannière pour avoir une augmentation. Au niveau de nos compétences, c’est toujours difficile d’avoir un peu plus d’autonomie. C’est un travail de longue haleine pour enfin parvenir à faire valoriser notre profession et notre indépendance.” 

Entrevoir l’avenir d’un bon oeil 

Nathalie Anéas fait partie de celles et ceux qui pensent que la crise de la Covid-19 va faire bouger les lignes et octroyer plus de responsabilités aux infirmières. Cette crise, malgré tous ses déboires et drames, apporte avec elle du bon. “On le voit au niveau de la vaccination et les prescription. La confiance s’installe de plus en plus”. Les infirmiers ont finalement le droit de vacciner sans ordonnance. C’est déjà un grand pas, bien que ce soit stressant car il faut bien connaître les antécédents des personnes que l’on vaccine, argue-t-elle.”

Un déferlement de solidarité aux antipodes d’une crise dévastatrice

Il y a de plus en plus de maisons de santé se créent, ce qui permet le regroupement de plusieurs personnes du corps médical dans les mêmes locaux”. Paradoxalement, cette crise sanitaire a rapproché les gens et un élan de solidarité remarquable s’est installé, résume-t-elle. “Même les professionnels se mettent sur des groupes Whatsapp, ce n’était pas le cas avant. Avec la crise sanitaire, on est tous plus solidaires et on s’écrit régulièrement. On peut se poser des questions qui nous préoccupent, partager tous ensemble. 

“J’ai voté parce qu’on m’a convaincu de le faire”

“Personnellement, j’ai bien vécu cette crise. Je n’étais pas trop stressée. Au niveau du travail, c’était plus calme, ce qui m’a permis de me consacrer en amont aux patients. Cette année, j’ai décidé de voter car ma collègue m’a convaincu de le faire puisqu’il est vrai que nous ne sommes pas sous-représentés.”

Raphaël DELAPRÉE

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