MONTRÉAL – Kamila Duda est une infirmière diligente passionnée par son métier. Elle travaille au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), qui est le plus grand centre hospitalier universitaire du Québec, au Canada. En pleine crise sanitaire, elle déplore le manque de reconnaissance de la part du gouvernement du Québec, et s’inquiète du ras-le-bol généralisé de la population, qui occasionne un désordre sans précédent dans les hôpitaux de la métropole. Le Journal des Infirmiers est allé à sa rencontre.

De 15h45 à minuit, Kamila Duda ne chôme pas. En arrivant à l’hôpital, elle prend automatiquement le rapport de l’infirmière de jour, avant de commencer la première tournée : tests de glycémie, donner les médicaments aux patients, évaluer leur état de très près. Une fois cela effectué, elle consulte minutieusement tous les dossiers des patients, en s’assurant que les nouvelles prescriptions ont été assimilées. Après la pause dîner, une deuxième tournée d’envergure l’attend. “Durant une soirée, tout peut se passer. Il se peut très bien qu’un patient ne soit pas bien et que la soirée soit mouvementée. Il faut absolument être très bien organisé.”

Un rêve d’enfance

“J’ai voulu être infirmière depuis que je suis petite. Je regardais des émissions qui se passaient dans des hôpitaux. Ma mère me donnait souvent des jouets : un stéthoscope en plastique, des seringues, etc. Je voulais aussi devenir infirmière car je suis une personne qui aime aider les gens. Pour être une bonne infirmière, Il faut avoir une bonne dextérité, je savais que c’était mon cas.”

Très bonne formation 

En sortant du secondaire, Kamila a fait 3 ans d’études post-secondaire dans le programme de soins infirmiers à Montréal. Une fois ce diplôme en poche, Kamila Duda réussit l’examen de l’Ordre des infirmiers, avant d’intégrer l’Université de Sherbrooke pour devenir Infirmière clinicienne. “La formation est très bien faite. On a beaucoup de stages, on a de bons laboratoires, on fait également pas mal de simulations avec les mannequins. Je trouve qu’ils nous préparent bien au terrain. Les cours sont très concrets et intéressants”, se réjouit-elle. 

Conditions de travail difficiles

Les conditions de travail sont assez difficiles, bien qu’au CHUM, cela se passe plutôt bien car la direction ne nous oblige pas à faire des heures supplémentaires, à l’instar des autres hôpitaux montréalais, qui eux, ont une surcharge de travail consternante. Toutefois, même au CHUM, on a beaucoup de patients à notre charge et la surcharge de travail est stressante. On dépasse parfois le ratio patient-infirmier(e) à cause du manque de personnel, ce qui cause une détérioration notable de notre travail. 

“C’est vraiment le bordel”

Depuis le début de cette crise, c’est vraiment le bordel et c’est très stressant, affirme t-elle. La surcharge de travail est colossale, assure-t-elle. Durant la crise, les urgences et les soins intensifs étaient remplis, et nous étions au bord du rouleau. 

Au début, les gens nous valorisaient, on nous appelait “les anges gardiens” et par la suite, les gens sont devenus égoïstes. Ils sortaient faire des activités, ils partaient en voyage, ils ne comprenaient pas ce que nous vivions dans les hôpitaux. 

“Nos droits sont bafoués »

Le gouvernement du Québec s’est montré très égoïste face aux soignants. Il ne nous valorise pas. Ils nous ont juste offert une prime de 1000 CAD (675 Euros) par mois si les infirmier(e)s travaillent plus de 40 heures par semaine. Elle s’insurge que ses droits soient bafoués et qu’il y ait un manque de reconnaissance de la part de l’exécutif alors que tous les personnels soignants sont dans le tourbillon d’une crise sanitaire sans précédent. 

Raphaël DELAPRÉE

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