Le Journal des Infirmiers a rencontré Dominique Pon, le Directeur Général de la clinique Pasteur de Toulouse, et responsable ministériel au numérique en santé depuis deux ans. Dans le cadre des Journées des Infirmiers à Toulouse, il nous livre sa vision du métier d’infirmier et de soignants : “Je travaille toujours dans le domaine de la santé car je kiffe trop les infirmiers”. 

La solidarité humaine 

La solidarité a été magnifique partout. Dans notre établissement, en interne, tous les métiers se sont rassemblés, ils ont travaillé ensemble, innové ensemble, créé ensemble pour faire face à cette crise sanitaire. J’ai adoré c’est la solidarité inter-établissement, la solidarité avec mon voisin, le commerçant du quartier, se réjouit-il.  

Manque de reconnaissance

Je suis attaché affectivement à la profession d’infirmier et des soignants en général. Ils sont proches des patients, c’est émouvant. C’est toutefois une profession qui a très longtemps manqué de reconnaissance du point de vue de sa juste place dans l’organisation du système de santé. Je crois que la crise de la Covid a été révélateur d’un manque de reconnaissance. Il faut qu’ils sentent que l’ensemble des acteurs de la santé leur voue une forme de reconnaissance et une affection particulière. 

La France a l’énergie et la capacité d’innover

Selon Dominique Pon, le numérique se développe bien seulement lorsqu’ il y a les paramédicaux (les infirmiers notamment) qui accompagnent les patients. “Une des qualités de notre pays est l’énergie et la capacité d’innover. Toutefois, notre point faible est l’incapacité à se discipliner pour avancer dans le même sens.”  Selon cet éternel optimiste, l’État doit fixer un cap et des règles, tout en étant plus volontariste. “Si on mélange les deux, on bénéficiera de la créativité à la française et on aura la discipline d’avance collectivement”. 

Maillot jaune de l’Europe

C’est impossible qu’un système aussi complexe que le système de santé s’autorégule tout seul, nuance-t-il. Depuis que l’État a investi 2 milliards dans le plan France Relance, il y a une vision humaniste, citoyenne et je suis persuadé qu’on avance dans le bon sens. Je suis persuadé qu’on aura le maillot jaune en Europe d’ici deux ans. Je crois à un modèle affectif, où on restitue et valorise la place de l’humain dans la santé. La technologie est faite pour rapprocher les humains, et non le contraire, plaide-t-il.

La technologie nous rapproche

En effet, il rappelle que le secteur de la santé est fait pour que des humains prennent soin d’autres humains. “Mon souhait est une réappropriation des soins et une vision humaniste de celle-ci. Dès lors qu’il y aura bonne compréhension en étant rassuré sur les valeurs du numérique, l’apprentissage des outils se fera directement sur le terrain par la pratique”. 

Les structures de santé sont très vulnérables

Toutefois, lorsqu’on parle de e-santé, il y a aussi des risques de cyberattaques. Dominique Pon ne l’a pas oublié et en appelle à l’État d’agir car “depuis 20 ans, toutes les structures de santé sont très vulnérables parce qu’on a pas respecté les principes de sécurité car l’État n’a pas été assez volontariste pour imposer des normes de sécurité”. 

Raphaël DELAPRÉE

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